J'ai donc signé la pétition ici : http://stoplicenciements.blogspot.com/
Vous trouverez rassemblés sur ce blog tous les textes que j'ai publié ainsi que quelques inédits et les annonces de mes conférences. Pour me contacter : julien.dohet@skynet.be
mercredi 29 juillet 2009
lundi 27 juillet 2009
Travail - Famille - Patrie
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samedi 25 juillet 2009
Murs blancs. Peuple muet
Je n'ai ici aucune prétention artistique et j'utilise un appareil numérique bon marché.
Je pense cependant que certaines photos disent plus que des longs discours ou des articles de plusieurs pages.
Et donc pour commencer, une photo prise à Lyon en janvier 2008 dans le quartier de la Croix Rousse.

lundi 20 juillet 2009
La démocratie menacée par le travail précaire
Cet article a été publié dans Les Mondes du travail, n°7 de juin 2009, pp.145-147
"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" Avec cette phrase à la clarté remarquable, Laurence Parisot, présidente du Medef – l’organisation des patrons français – illustre parfaitement une des évolutions du monde du travail. Plus encore, elle démontre bien que derrière des évolutions « économiques » se cachent un discours idéologique clair et cohérent qui, loin d’être celui du progrès, est au contraire celui de la régression à une époque où les combats du mouvement ouvrier n’avaient pas encore permis de conquérir une série d’améliorations sociales.
Nombreux sont les textes qui analysent la réalité du travail précaire et démonte la pseudo évidence du « travailler plus pour gagner plus ». Nous avons récemment été amené à lire deux livres, interpellé pour l’un par son titre et pour l’autre par un bandeau titre ajouté. Tous deux disaient : « Travailler plus pour gagner moins ». Le second est un livre témoignage intitulé sobrement Tribulations d’un précaire dont le pessimisme du propos ne le rend malheureusement que plus réaliste. Son auteur, universitaire américain au chômage, se voit accepter des conditions de travail de plus en plus déplorables, attiré par des promesses de salaire qui se révèlent au final (lorsqu’il a déduit les frais engagés comme le transport, le logement et la nourriture) toujours trompeuses et le tirant finalement vers le bas. « Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. A deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : « je suis ouvrier agricole ». Moi je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu quarante mille dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres. »[1]
La « Wal-martisation » du monde
Le premier livre est plus conséquent et plus analytique. Il s’agit d’un travail de deux journalistes français sur le géant de la distribution Wal-Mart. Précisons tout de suite que ce livre, dans son style comme dans son propos, n’est pas une étude universitaire. Ce n’est pas non plus un pamphlet militant. Les auteurs ont voulu étudier le groupe Wal-Mart dans la foulée du débat ouvert par la «commission Attali » sur le Hard Discount et ses conséquences possibles en France, d’autant plus que le principal concurrent mondial de Wal-Mart est le géant français Carrefour. Ces caractéristiques, et une certaine fascination latente des auteurs envers le parcours du fondateur de Wal-Mart, font de se livre un bel exemple d’un questionnement grandissant sur la forme actuelle du capitalisme qui menace le niveau de vie de plus en plus de gens. Dès les premières pages, les auteurs globalisent bien leur propos : « La crise du crédit que nous connaissons depuis l’été 2007, si elle n’était guère prévisible dans sa forme (crise des subprimes), a été néanmoins le débouché attendu de déséquilibres économiques globaux qui n’avaient cessé de s’aggraver depuis dix ans. L’augmentation exponentielle des liquidités mondiales avait permis en effet la formation d’une bulle du crédit et de la consommation. La croissance américaine des dernières années avait ceci de singulier qu’elle était tirée par la consommation et non par les gains de productivité ou par l’innovation. Elle était financée par l’endettement des ménages et non par la hausse de leurs revenus issus du travail, et elle a été rendue possible par des techniques financières permettant la transformation de richesses virtuelles liées à l’appréciation de l’immobilier en crédits de consommation. »[2]. Leur réflexion s’inscrit donc plus largement dans le cadre d’une interrogation sur le modèle économique actuel. Pour eux, on assisterait à la fin du fordisme, qu’il définisse comme l’amélioration des conditions de travail et des salaires permettant de faire tourner la machine économique. Ce système était symbolisé par le géant General-Motors, dont on connait les dernières évolutions qui l’ont mené à la faillite. La « wal-martisation » du monde serait au contraire un système économique basé sur le rendement à court terme tirant l’ensemble vers le bas.
L’histoire de Wal-Mart est une success-story américaine typique. Son fondateur, Sam Walton, était un WASP de l’Arkansas. Représentant typique de cette Amérique chrétienne aux valeurs traditionnelles, il est parti d’une petite épicerie en 1962 pour se retrouver à la tête d’un empire de la distribution de 2 millions de salariés dans le monde. L’obsession de la chaîne est de pratiquer constamment des prix toujours plus bas. Pour cela, elle rationnalise à l’extrême le fonctionnement de l’entreprise, limite les dépenses inutiles et surtout presse les salariés (quasi exclusivement des temps partiel dont 50% ne tiennent pas plus d’un an) et les fournisseurs. Ce qui au premier abord pourrait apparaître comme favorisant la « hausse du pouvoir d’achat » pose en fait la question sur la pertinence de cette notion. Car, vu sa puissance les dégâts sociaux que provoquent Wal-Mart sont énormes. « Les experts en concluent que, chaque Etat comptant une cinquantaine de supermarchés en moyenne, c’est une baisse de salaire de 10% et des avantages liés à la couverture santé de 5% qu’on peut imputer à la seule présence de Wal-Mart. »[3]. Et le phénomène est mondial, Wal-Mart étant présent sur tous les continents : « Du coup, ces chômeurs reconvertis dans les services n’ont plus qu’un seul choix pour faire leurs courses : aller là où les prix sont imbattables. Chez Wal-Mart en particulier. La boucle est donc bouclée. « C’est bien de faire la chasse aux bonnes affaires, mais en achetant les produits les moins chers, ceux qui viennent de Chine, nous détruisons nos propres emplois », conclut Steve Dobbins, le PDG de Carolina Mills. Importer de Chine signifie donc exporter les emplois locaux. Une ronde infernale, qui tire les prix et les salaires toujours un peu plus vers le bas, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays industrialisés. »[4]. La logique est tellement poussée qu’un des chapitres du livre est intitulé « Mais au fait, pourquoi payer les salariés ? », question beaucoup moins absurde qu’il n’y parait lorsque l’on constate les dégradations sociales de ces vingt dernières années mais surtout si l’on réfléchit aux conditions de travail de la majorité des travailleurs de la planète ou que l’on repense aux conditions des travailleurs des pays occidentaux il y a à peine un siècle.
Les dégâts du modèle Wal-Mart ont été de plus en plus visibles, y compris aux Etats-Unis, entraînant les premières réactions citoyennes. Des organisations, notamment syndicale, ont démontrées que la balance de l’emploi était au final souvent négative lors de l’implantation d’un magasin de la chaine, contrairement aux chiffres que celle-ci avance et que les autorités locales croient trop souvent. « Outre-Atlantique, le cauchemar des décideurs locaux a même un nom : Nowata. Cette petite ville de l’Oklahoma de 4000 habitants a été dévastée par l’arrivée d’un Wal-Mart en banlieue en 1982. D’abord, ce sont les magasins du downtown qui ont été balayés. Puis est venu le tour des fournisseurs locaux (…) Enfin, les services, dans la foulée des banques, ont également jeté l’éponge. Douze ans plus tard, la boucle était bouclée : à son tour, Wal-Mart quittait les lieux, laissant derrière lui ce qui s’apparentait alors à une ville fantôme. »[5]
Menace sur la démocratie
Plus qu’une interrogation sur l’économie, sur le travail, il s’agit avec ces livres de s’interroger sur la démocratie. Wal-Mart est bien entendu contre les syndicats et veille à ce qu’aucune action collective de ses « associés » ne soit possible. Mais les questions que son modèle posent sont plus larges et touchent au cœur du fonctionnement de la démocratie. Le groupe subventionne bien entendu allégrement les deux partis américains. Ainsi a-t-il eu dans son Conseil d’Administration, comme avocate, Hillary Clinton. Plus fort encore, Wal-Mart crée et finance abondamment des « comités de citoyens » qui défendent sa présence face aux collectifs d’opposants. « La situation est telle qu’en 2007, l’organisation américaine de défense des droits de l’homme Human Right Watch publie un rapport de plus de 200 pages sur Wal-Mart, avec pour titre : « droits au rabais. Wal-Mart bafoue le droit des travailleurs américains à la liberté syndicale ». Du jamais vu. »[6]
La journaliste américaine Barbara Ehrenreich avait déjà dans une de ses enquêtes de terrain analysé la situation au sein du géant de la distribution et tiré les conclusions suivantes : « Si donc les employés à bas salaire ne se comportent pas toujours conformément à la rationalité économique, c’est-à-dire comme des agents libres dans une démocratie capitaliste, c’est parce qu’ils travaillent dans un environnement qui n’est ni libre ni démocratique. Quand vous entrez dans l’univers des bas salaires – et des salaires moyens dans de nombreux cas – vous abandonnez vos libertés civiques à la porte, vous laissez derrière vous l’Amérique et tout ce qu’elle est censée représenter, et vous apprenez à ne pas desserrer les lèvres pendant votre journée de travail. Les conséquences de cette reddition vont bien au-delà des questions de salaire et de pauvreté. Il nous est difficile de prétendre être la première démocratie du monde, lorsqu’un grand nombre de nos concitoyens passent la moitié de leur temps de veille dans un environnement qui est l’équivalent, pour le dire en termes simples, d’une dictature. »[7] De quoi mettre en perspective une autre déclaration de Laurence Parisot, bouclant ainsi la boucle de cet article : « La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail ». Et rappeler que la démocratie n’est complète que si son volet politique (incarné par le droit de vote) est compléter par son volet économique et social.
Notes
[2] Biassette, Gilles et J. Baudu, Lysiane, Travailler plus pour gagner moins. La menace Wal-Mart, Paris, Buchet-Chastel, 2008, pp.7-8
[7] Barbara Ehrenreich, L’Amérique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant. Collection « Fait et cause », Paris, Grasset 10-18 (n°3797), 2004, p.318. L’auteure montre clairement dans ce livre la dégradation rapide de son niveau de (sur)vie et l’impossibilité de s’en sortir lorsque l’on travaille dans des boulots non-qualifiés.
samedi 20 juin 2009
Existe-t-il une évidence de gauche ?
Ce texte est la version longue de la carte blanche que je co-signe au nom du Ressort avec
Yannick Bovy, Didier Brissa, Isabelle Chevalier, Vincent De Raeve, Eric Jadot, Laurent Petit, Michel Recloux, et Olivier Starquit.
« A voté ». L’électeur a parlé, merci, revenez la prochaine fois. Et puis ? Quelles conclusions tirer d’un point de vue de gauche ? Le MR rate son (mauvais) coup et recule. Tant mieux. Le CDh consolide sa position chèvre-choutiste de droite. Pffff. Le Parti « socialiste » se la joue « Boudu sauvé des eaux », échappant à une claque que beaucoup redoutaient et qu’il n’aurait pas volée au regard de ses propres errements et de ses renoncements idéologiques. Ecolo, quant à lui, confirme la victoire annoncée.
Cette lame de fond verte, qui s’étend ailleurs en Europe, est un fait politique majeur. L’écologie politique, fruit d’une histoire récente et d’une créativité de terrain, pose de bonnes questions, différemment, et a incontestablement permis une très large prise de conscience face à l’urgence et aux enjeux écologiques. Elle est en outre, potentiellement, force de rupture face aux logiques libérales qui saccagent la planète et menacent l’humanité. Mais la question est de savoir si Ecolo, triomphant, voudra se saisir de l’occasion et peser de manière décisive (rêvons un peu : avec le PS ?) en faveur d’une telle rupture.
Passer dans le vert ? Chiche ! Mais sans une claire remise en cause de l’économie libérale, le changement de modèle souhaité et plus nécessaire que jamais tournera vite au ravalement de façade pâlichon et au constat : « Vous rêviez d’alternatives ? Vous remâcherez de l’alternance ».[1]
Absence d’alternative politique crédible
La campagne électorale a une nouvelle fois démontré l’absence de rupture dans les programmes des partis représentés au parlement et susceptibles de former une coalition. La campagne fut monopolisée par les petites phrases assassines et les « révélations » montées en épingle. Et ce, alors que les conflits et les drames sociaux sont en augmentation et que les enjeux politiques réels autour de la crise du capitalisme méritent une analyse et une attention autrement plus importante[2].
L’agitation médiatique a souvent couvert un vide programmatique de fond. Interpellant. Mais cela ne doit pas masquer la responsabilité des acteurs politiques : aucun des quatre partis de pouvoir, au niveau francophone, n’a avancé de projet de rupture réelle avec le système responsable de la crise économique, sociale, écologique. Les affiches de campagne en ont été l’exemple emblématique. A l’exception notable d’Ecolo et d’un révolutionnaire « tout le monde aime papa », aucun contenu sur les affiches.
Si l’on élargit le spectre d’analyse aux « petites listes », on se doit de reconnaître qu’une attention médiatique supérieure à celle des précédentes campagnes leur fut accordée. Mais elles partaient de tellement bas… Concentrons-nous sur les listes alternatives de gauche. Et déjà se pose une question : une dissidence du PS qui ne se situe pas en rupture programmatique et qui, pour faire un « coup » médiatique, recycle le mari d’Anne-Marie Lizin, est-elle à considérer comme une alternative de gauche ? Nous ne le pensons évidemment pas. Tout comme nous ne croyons pas qu’une sortie des régionalistes du PS, un temps envisagée et qui aurait reçu (hélas ?) un réel écho au sein de certains secteurs, notamment syndicaux, apporterait beaucoup aux luttes pour la justice sociale.
Reste alors la « Gauche de gauche », partie à l’abordage en ordre dispersé[3]. Et là, rebelote : en dépit de longues discussions, aucune unité n’a pu se réaliser (à l’exception notable de la constitution d’une liste plurielle à Bruxelles). Nous ne parlons même pas ici d’une fusion des différents groupes existants, mais simplement d’un front ou d’un cartel électoral. Résultat : hormis le PTB, qui double son score un peu partout et réalise quelques percées significatives, ce fut une Bérézina de plus.
Quel échec, et quelle occasion manquée que cette désunion de petites chapelles incapables de s’entendre, qui restent invisibles, inaudibles, et ne récoltent que des miettes…
Mais au fait, faut-il un nouveau parti de gauche unitaire ?
Quelle dynamique unitaire proposer aux femmes et aux hommes de gauche en quête d’alternatives au capitalisme ? Le Parti communiste joua longtemps un rôle important en Belgique par sa force politique et ses structures militantes. C’est d’un tel aiguillon dont la gauche a besoin aujourd’hui. Une force politique qui ouvrirait des horizons à un électorat en déshérence[4] et pourrait appuyer les militants syndicaux et les militants de gauche au sein du PS, d’Ecolo ou même du CDh. Pour voir le jour, cette force ne doit pas forcément passer par la fusion des petits partis existants. Les freins sont en effet moins de l’ordre des programmes que de l’analyse divergente de faits historiques et de querelles d’égos rédhibitoires.
L’échec récent d’Une Autre Gauche doit servir de leçon, tout comme celui, plus ancien, de Gauches Unies. Ce dernier, jamais vraiment digéré, pèse toujours, notamment à cause de la répression qui a suivi au sein des syndicats et de la déception des nombreux militants associatifs qui s’étaient impliqués. L’apparente perte de vitesse de l’altermondialisme en Europe plombe également l’imaginaire des contre-attaques possibles.
La création d’un nouveau parti n’est donc pas forcément la priorité[5], d’autant qu’elle repose les questions des structures, du pouvoir… interrogeant leur pertinence dans une perspective de changement profond vers une société d’égalité, d’émancipation et de justice sociale.
Rappelons, à titre d’exemple, qu’Ecolo est né de la fusion de mouvements environnementalistes à la recherche d’un débouché politique. La première étape n’est-elle donc pas aujourd’hui de reconstruire la gauche à la base, plutôt que de vouloir le faire par le haut ? Cette option nécessite une reconquête des esprits lobotomisés par des dizaines d’années de propagande pour un capitalisme débridé. Elle exige ainsi, notamment, de soutenir partout les personnes, les actes, les luttes qui osent questionner sans cesse les orientations, les discours et les pratiques des structures sociales dans lesquelles ils évoluent.
Ces multiples foyers de résistance à l’injustice, à la résignation, à la disparition progressive de l’esprit critique sont de nature à favoriser l’émergence d’une nouvelle force de gauche, fruit de la mise en réseau de ces micro-luttes, de ces multiples voix qui contestent les décisions hiérarchiques ou d’appareil et qui demandent sans cesse l’adéquation entre les paroles, les principes et les actes[6]. Tous ces militants critiques, bénévoles sur le terrain, travailleurs et délégués syndicaux combatifs… En bref, toutes ces personnes qui entretiennent, parfois inconsciemment, l’esprit de la Résistance et l’espoir d’une gauche de gauche.
L’évidence de la gauche est cette capacité de contestation, d’exercice du libre-examen et de l’esprit critique dans un but d’émancipation. Elle est vivante, combative, chez ces utopistes qui se refusent à tout fatalisme, à toute compromission avec les forces et les logiques de la droite, du libéralisme, au nom d’un pragmatisme dévoyé. C’est elle qu’il faut semer, cultiver, fortifier, partout et tout le temps, en se gardant bien de vouloir préalablement l’étiqueter et la canaliser. Ce qui n’enlève rien à l’urgence de son auto-organisation, afin d’être un jour – vite ! – capable de peser sur un échiquier politique bien plus préoccupé par la cogestion du capitalisme que par son dépassement
Notes
[1] Voir Alternance sans alternative,
[2] Voir la carte blanche du front commun syndical, Plus de 300.000 manifestants à travers l’Europe. Et alors ? dans Le Soir du 27.05.09, p.17.
[3] Pour les lecteurs intéressés par ces différentes chapelles, voir Julien Dohet et Jean Faniel, La gauche radicale toujours en quête d’unité, in La Revue nouvelle n°5/6 de mai-juin 2009, pp.6-10.