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jeudi 8 juin 2023

M, ou l’immersion magistrale dans le fascisme

 Cette recension est parue dans la revue Aide Mémoire n°101, printemps 2023

1 500 pages pour les deux premiers volumes. Dit ainsi, cela peut paraître une brique indigeste. Mais c’est au contraire 1 500 pages qui se lisent facilement. Du moins au niveau de la forme. Car pour le fonds c’est autre chose. Difficile en effet de rester insensible à cette plongée dans la montée du fascisme à travers le parcours de M(ussolini) son fondateur et Duce (chef) au fur et à mesure de moins en moins contesté. Même si, et ce n’est pas le moindre des apports du livre d’Antonio Scurati, on voit que les luttes de tendance au sein du fascisme furent réelles et persistantes, y compris bien après la conquête du pouvoir et l’instauration de la dictature.


1 500 pages écrites par un romancier italien qui fait ici œuvre d’historien. Son ouvrage est construit sur une succession de courts chapitres autour d’un événement particulier, pas toujours forcément en rapport avec Mussolini, et qui sont systématiquement suivis de la reproduction des sources historiques utilisées. Un exercice important, car si la forme littéraire choisie facilite la lecture et permet une écriture plus fluide qu’une thèse historique, cette confrontation aux sources renforce le propos, le rend encore plus glaçant dans les moments les plus durs.

1 500 pages qui nous immergent dans une ascension qui était tout sauf inéluctable. Et de lire page après page les étapes manquées pour arrêter cette montée de la violence fasciste et sa prise du pouvoir. Une gauche incapable de traduire en actes ses déclarations révolutionnaires, se limitant à des grèves générales sans lendemain avant de se diviser. Une bourgeoisie qui, comme on s’accroche à une bouée de sauvetage, prend peur et se jette dans les bras du fascisme, dont la composition petite-bourgeoise est mise en évidence. Un patronat capitaliste qui, pour sauvegarder ses intérêts, est prêt à financer le fascisme qui pourtant, dans sa rhétorique de départ, le combat. Une Église et une monarchie qui ne voient pas d’un si mauvais œil la montée d’un mouvement qui combat la gauche. Une droite traditionnelle qui pense pouvoir contrôler, comme elle l’a toujours réussi avant, ce nouveau mouvement dont elle est persuadée que, comme les autres, il entrera dans le jeu parlementaire.

1 500 pages qui confirment que la classe ouvrière est celle qui résistera le plus longtemps au fascisme, notamment lors des élections de 1924 qui se déroulent déjà dans un climat particulier et donne une victoire écrasante au parti fasciste : « Et pourtant, l’analyse du vote, mené à froid à partir des données qui affluent du ministère de l’Intérieur dans les jours qui suivent l’ivresse, révèle que le listone fasciste est minoritaire dans les grandes régions industrialisées du Nord et dans tous les chefs-lieux, Milan inclus : les ouvriers ont voté obstinément contre le fascisme1. »

    1 500 pages qui nous rappellent, amèrement, durement, que le fascisme utilise la tolérance et la démocratie contre ces dernières

1 500 pages qui démontrent surtout que la violence fasciste n’étant pas combattue directement, elle devient incontrôlable et trop puissante. Que l’armée et la police se rangent rapidement en soutien, a minima passif, de la violence fasciste. Que le fascisme est surtout un mouvement pragmatique de conquête du pouvoir qui n’entend absolument pas respecter les règles du jeu, que tous les autres pensent immuables et n’imaginent pas enfreindre. Que l’aveuglement légaliste face au fascisme provoque la chute de la démocratie qui s’effondre comme un château de cartes finalement assez facilement, prenant bien trop tard conscience de la menace. Mais qui montrent aussi que le fascisme avait des contradictions, des luttes internes de tendances que Mussolini peinera à maîtriser, principalement envers ceux qui ont fondé le mouvement avec lui.

1 500 pages qui prouvent que le fascisme pouvait être arrêté à de nombreux moments si la volonté politique de le faire avait été là. Si la prise de conscience de ce qu’il était eut été plus forte. Ainsi de ce passage, alors qu’il n’a encore qu’une poignée de députés et que la position de Mussolini comme chef du gouvernement, au lendemain de la Marche sur Rome, est encore fragile : « Pour qu’on comprenne bien qui commande, Benito Mussolini demande aux parlementaires qu’ils lui octroient les “pleins pouvoirs”. Cette fois non plus, personne ne se rebelle. Pendant la suspension de la séance, un groupe de parlementaires prie Giovanni Giolitti de rédiger une protestation pour défendre la dignité de la Chambre. “Je n’en vois pas la nécessité, réplique le vieil homme d’État, cette Chambre a le gouvernement qu’elle mérite”. Il ne sera pas contredit. Bien que le parti fasciste ne compte que trente-cinq députés, la Chambre vote la confiance au gouvernement Mussolini qui l’a discréditée, par 306 voix contre 116 et 7 abstentions. Elle lui accordera également les pleins pouvoirs. Les députés critiques et indignés, tels que Gasparatto ou Albertini, votent eux aussi en sa faveur. Une volonté inflexible de capitulation2. »

1 500 pages qui, à l’instar des pièces de théâtre Catarina, ou la beauté de tuer des fascistes de Tiago Rodrigues et de Extreme-Malecane de Paola Pisciottano, M d’Antonio Scurati nous oblige surtout à voir la réalité en face. Il nous interdit de dire que nous ne savons pas, que nous ignorons comment le fascisme se développe, quel discours il tient. Aujourd’hui comme hier.

1 500 pages, qui seront bientôt complétées d’un troisième volume déjà paru en Italien, et qui nous empêchent d’être passif face à la montée de l’extrême droite et de ses idées, à la veille de l’échéance électorale de 2024.

1 500 pages qui nous rappellent, amèrement, durement, que le fascisme utilise la tolérance et la démocratie contre ces dernières. Et qu’un antifascisme réel, pas seulement confortablement moral, passe par le fait de combattre la menace de manière multiple. Et surtout sans aucune concession. Concessions qui commencent souvent par considérer les partis d’extrême droite comme des partis comme les autres, et donc à ne pas leur appliquer un traitement différent. Ou à tolérer la reprise d’idées et d’éléments de langage de ces partis par des partis de droite « traditionnels ».

1 500 pages qui nous incitent à ne pas répéter les mêmes erreurs. Au risque de revivre les mêmes conséquences…

dimanche 25 avril 2021

La Commune et l’Église catholique : une attitude inscrite dans la filiation de la Révolution Française

 Cet article est paru, dans une version raccourcie, dans le dossier "Vive la Commune"

de Salut et Fraternité, le trimestriel du CAL-Liège, n°113 d'avril-juin 2021, p.7

 

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Eglise c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse.

De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) et dater ses affiches et proclamations avec ce dernier. Le Journal officiel, lui, restera au calendrier « classique ». Il en sera de même avec les journaux ou Le Cri du Peuple de Jules Vallès ne changera pas tandis que Le Père Duchesne de Vermersch date son numéro 1 du 16 ventôse an 79. Rappelons que le calendrier républicain supprimait le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées.  Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Ière république sera la prolifération des Clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 (rappelons-nous que les tendances politiques dites des Cordeliers ou des Jacobins, par exemple, devaient leur nom aux congrégations religieuses dont ils occupaient les locaux pour se réunir) dans des Eglises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Citons celui des Prolétaires qui se réunissait à Saint-Ambroise. Ou le Cercle des Jacobins à l’église Saint-Lambert. Ceux de Saint-Germain et de Saint-Sulpice, mais aussi le club féminin de la Délivrance à l’église de la Trinité. Les femmes étaient d’ailleurs particulièrement présentes et actives dans les clubs. Soulignons que les réquisitions des Eglises n’étaient pas totales, les offices se déroulant de la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses[1] pour aller vers un enseignement laïque  mixte et gratuite, la Commune proclamera surtout le 2 avril la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une séparation qui permet d’ailleurs la laïcisation de l’enseignement. Le projet présenté par le citoyen Pyat, au nom de la Commission exécutive, est adopté à l’unanimité. Les principes édictés en son clair et précis comme on peut le lire dans Le Journal officiel : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète :  Art. 1. L’Église est séparée de l’État. Art. 2. Le budget des cultes est supprimé. Art. 3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4 Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation »[2]. Tant le principe que les conséquences financières pour l’Eglise feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy. Le décret du 6 avril est une réaction aux massacres par les troupes Versaillaises des prisonniers qu’ils font lors de la tentative d’offensives de fédérés des 3-4 avril, notamment les exécutions de Flourens et Duval.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées comme celle de la chapelle Béria, érigée en hommage à un général tué lors de la Révolution de juin 1848 à laquelle nombre de Communards avaient déjà participé. Et bien entendu avec l’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masses au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auquel il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Eglise qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.

Terminons par une note plus légère ne datant pas de cette époque mais y faisant référence : la célèbre boisson mélangeant 1/3 de cassis et 2/3 de vin blanc inventé dans les années 1950 par le chanoine député/marie de Dijon (qui siégeait au parlement en soutane) Félix Kir connaîtra rapidement des déclinaisons, notamment avec du vin rouge. On parle alors selon les tendances de Cardinal ou de Communard (certains font une distinction sur le type de vin rouge : un Bourgogne rouge -généralement de cépage Pinot noir, sauf le Passetoutgrains qui lui associe le Gamay – pour le  « Cardinal »; avec un Beaujolais -donc du Gamay - pour le « Communard »)



[1] Voir l’article de … dans ce même numéro p.

[2] Journal Officiel de la République française n°93 du lundi 3 avril 1871, p.1, col.1. (coll. De l’auteur)

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Église, c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’Église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire (1852–1870) illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse1.


De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant-plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) supprimant dès lors le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées. Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Première République sera la prolifération des clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 dans des églises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Soulignons que les réquisitions des églises n’étaient pas totales, les offices se déroulant dans la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17 h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses2 pour aller vers un enseignement laïque mixte et gratuit, la Commune proclamera surtout le 2 avril, la séparation de l’Église et de l’État. Les principes édictés en sont clairs et précis : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète : Art.1. L’Église est séparée de l’État. Art.2. Le budget des cultes est supprimé. Art.3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation 3 ». Tant le principe que les conséquences financières pour l’Église feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées. L’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures, hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masse au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auxquelles il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Église qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Église, c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’Église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire (1852–1870) illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse1.


De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant-plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) supprimant dès lors le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées. Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Première République sera la prolifération des clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 dans des églises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Soulignons que les réquisitions des églises n’étaient pas totales, les offices se déroulant dans la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17 h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses2 pour aller vers un enseignement laïque mixte et gratuit, la Commune proclamera surtout le 2 avril, la séparation de l’Église et de l’État. Les principes édictés en sont clairs et précis : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète : Art.1. L’Église est séparée de l’État. Art.2. Le budget des cultes est supprimé. Art.3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation 3 ». Tant le principe que les conséquences financières pour l’Église feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées. L’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures, hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masse au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auxquelles il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Église qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.


  1. Voir sous la direction de Michel Cordillot, La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux, (coll. Le Maitron) Paris, éditions de l’Atelier, 2020. Principalement Cordillot, Michel, Les clubs sous la Commune, pp.243–246 Lalouette, Jacqueline, L’anticléricalisme sous la Commune, pp.682–684.
  2. Voir l’article de Jean-François Dupeyron dans ce même numéro p.8.
  3. Journal Officiel de la République française n° 93 du lundi 3 avril 1871, p.1, col.1. (coll. De l’auteur).

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Église, c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’Église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire (1852–1870) illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse1.


De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant-plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) supprimant dès lors le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées. Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Première République sera la prolifération des clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 dans des églises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Soulignons que les réquisitions des églises n’étaient pas totales, les offices se déroulant dans la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17 h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses2 pour aller vers un enseignement laïque mixte et gratuit, la Commune proclamera surtout le 2 avril, la séparation de l’Église et de l’État. Les principes édictés en sont clairs et précis : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète : Art.1. L’Église est séparée de l’État. Art.2. Le budget des cultes est supprimé. Art.3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation 3 ». Tant le principe que les conséquences financières pour l’Église feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées. L’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures, hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masse au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auxquelles il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Église qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.


  1. Voir sous la direction de Michel Cordillot, La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux, (coll. Le Maitron) Paris, éditions de l’Atelier, 2020. Principalement Cordillot, Michel, Les clubs sous la Commune, pp.243–246 Lalouette, Jacqueline, L’anticléricalisme sous la Commune, pp.682–684.
  2. Voir l’article de Jean-François Dupeyron dans ce même numéro p.8.
  3. Journal Officiel de la République française n° 93 du lundi 3 avril 1871, p.1, col.1. (coll. De l’auteur).

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Église, c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’Église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire (1852–1870) illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse1.


De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant-plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) supprimant dès lors le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées. Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Première République sera la prolifération des clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 dans des églises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Soulignons que les réquisitions des églises n’étaient pas totales, les offices se déroulant dans la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17 h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses2 pour aller vers un enseignement laïque mixte et gratuit, la Commune proclamera surtout le 2 avril, la séparation de l’Église et de l’État. Les principes édictés en sont clairs et précis : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète : Art.1. L’Église est séparée de l’État. Art.2. Le budget des cultes est supprimé. Art.3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation 3 ». Tant le principe que les conséquences financières pour l’Église feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées. L’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures, hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masse au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auxquelles il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Église qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.


  1. Voir sous la direction de Michel Cordillot, La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux, (coll. Le Maitron) Paris, éditions de l’Atelier, 2020. Principalement Cordillot, Michel, Les clubs sous la Commune, pp.243–246 Lalouette, Jacqueline, L’anticléricalisme sous la Commune, pp.682–684.
  2. Voir l’article de Jean-François Dupeyron dans ce même numéro p.8.
  3. Journal Officiel de la République française n° 93 du lundi 3 avril 1871, p.1, col.1. (coll. De l’auteur).

Évoquer le rapport entre la Commune et l’Église, c’est évidemment souligner combien, dans la foulée de 1789, la Commune voulut s’attaquer au cléricalisme et à l’influence de l’Église catholique dans la vie sociale et la politique. Au-delà d’une Église au service des puissants et très peu à l’écoute réelle des plus pauvres, le soutien de l’épiscopat au Second Empire (1852–1870) illustrera le poids du « parti clérical » et explique très largement les décisions des Communards envers l’institution religieuse1.


De manière très symbolique, la Commune va remettre à l’avant-plan le calendrier républicain (mis en vigueur par Robespierre en 1793 et supprimé par Napoléon en 1806) supprimant dès lors le nom des saints de chaque jour au profit de productions nationales et instruments ruraux associés aux saisons concernées. Les fêtes religieuses étaient aussi supprimées au profit de fêtes républicaines.

Un autre lien direct avec la période de la Première République sera la prolifération des clubs qui, outre dans des salles de fêtes et des amphithéâtres universitaires, se réuniront comme en 1789 dans des églises. Ces clubs seront l’expression la plus horizontale et la plus radicale de la politique sous la Commune. Soulignons que les réquisitions des églises n’étaient pas totales, les offices se déroulant dans la journée tandis que les clubs prenaient possession des lieux à partir de 17 h finançant l’éclairage et le chauffage par le droit d’entrée à la réunion.

Au-delà des décisions extrêmement importantes concernant l’enseignement et le fait de sortir l’instruction de l’influence des congrégations religieuses2 pour aller vers un enseignement laïque mixte et gratuit, la Commune proclamera surtout le 2 avril, la séparation de l’Église et de l’État. Les principes édictés en sont clairs et précis : « La Commune de Paris, Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi ; Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté. Décrète : Art.1. L’Église est séparée de l’État. Art.2. Le budget des cultes est supprimé. Art.3. Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. Art.4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation 3 ». Tant le principe que les conséquences financières pour l’Église feront de ce décret un des principaux chiffons agités par la réaction contre la Commune. Chiffon qui sera d’autant plus agité que quelques jours plus tard, le 6 avril la Commune prend un décret sur les otages et arrête notamment sur base de celui-ci l’archevêque de Paris Mgr d’Arboy.

Avec l’évolution de la situation militaire défavorable à la Commune et les massacres perpétrés par les lignards de Versailles, la tension et la fureur antireligieuse va aller crescendo. Au-delà des caricatures, profanations et cérémonies parodiques, cet anticléricalisme se marquera par des destructions ciblées. L’exécution de Mgr d’Arboy le 24 mai durant la semaine sanglante (22 autres religieux subiront le même sort) alors que depuis 72 heures, hommes, femmes et enfants soupçonnés d’appartenir à la Commune sont fusillés en masse au fur et à mesure de la progression des troupes versaillaises dans Paris. Un massacre systématique destiné à « purifier » la ville et qui fera plusieurs milliers de victimes sur cette seule semaine auxquelles il faut ajouter les morts en déportation et ceux assassinés après avoir été faits prisonniers dans les combats.

Cet anticléricalisme de la Commune de Paris ne sera pas pardonné par l’Église qui voudra marquer de son empreinte la ville de Paris. Elle fera donc construire là où tout a commencé, au sommet de la butte Montmartre, une basilique dite « du sacré cœur ». Ce dernier (un cœur surmonté d’une croix) est un symbole particulièrement fort. Accompagné de l’inscription « Dieu, le Roi » c’était celui des Chouans et des Vendéens contre la Révolution. Aujourd’hui encore il est utilisé par les groupes ultra-catholiques d’extrême droite.


  1. Voir sous la direction de Michel Cordillot, La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux, (coll. Le Maitron) Paris, éditions de l’Atelier, 2020. Principalement Cordillot, Michel, Les clubs sous la Commune, pp.243–246 Lalouette, Jacqueline, L’anticléricalisme sous la Commune, pp.682–684.
  2. Voir l’article de Jean-François Dupeyron dans ce même numéro p.8.
  3. Journal Officiel de la République française n° 93 du lundi 3 avril 1871, p.1, col.1. (coll. De l’auteur).

mardi 15 décembre 2020

Le 15 décembre j'étais l'invité d'un jour dans l'histoire pour évoquer le parcours de Gisèle Dantinne/Paffen au sein des coopératives.

A revoir sur Auvio

vendredi 18 octobre 2019

Histoire de l'antifascisme à Liège


Ma brochure de 52 pages retraçant un siècle d'histoire de l'antifascisme à Liège est publiée.
Elle est accessible auprès de l'IHOES.
J'en ai retracé les grandes lignes sur La Première le jeudi 17 octobre 2019 lors de l'émission "un jour dans l'histoire" dont j'étais l'invité. Voir l'émission
Et je suis bien entendu disposé à donner une conférence ou animer un débat autour de cette histoire.

dimanche 1 septembre 2019

Bibliographie

Cet article reprend mes livres et principaux articles, classés des plus récents au plus anciens, permettant ainsi un rapide aperçu de mes sujets de recherches. Il commence par mes interventions dans les médias liées à mes publications

Intervention dans l'émission "un jour dans l'histoire" sur La Première
  1. Sur la Commune de Paris de 1871, le 17 mars 2021
  2. Sur le parcours d'une femme dans les coopératives le 15 décembre 2020
  3. Sur la sécurité sociale, le 5 février 2020
  4. Sur l'histoire de l'antifascisme, le 17 octobre 2019
  5. Sur la révolte de 1886, le 27 mars 2019
  6. Sur l'idéologie d'extrême droite, le 10 octobre 2018
  7. Sur l'histoire du mouvement coopératif, le 30 août 2018

 Intervention dans l'émission "au bout du jour" sur La Première

  1. Sur l'extrême droite avec Olivier Starquit le 25 février 2021

Livres et brochures

  1.  Une coopérative citoyenne collection Dis c'est quoi ?, Waterloo, Renaissance du livre, 2023
  2.  L'Antifascisme, collection Dis c'est quoi ?, Waterloo, Renaissance du livre, 2022
  3. La Bête a-t-elle muée ? Les nouveaux visages de l'extrême droite, Bruxelles, CAL, 2020
  4. Vivons-nous en démocratie ?, Liège, CDGAI, 2019
  5.  L'Antifascisme à Liège. Esquisse d'une lutte jamais abandonnées, Jemeppes, IHOES, 2019
  6. Le Mouvement coopératif : histoire, questions et renouveau, Bruxelles, CH du CRISP, n°2370-2371, 2018
  7. Vive la sociale ! Laïcité, mouvement ouvrier et capitalisme, Bruxelles, Espace de Libertés, 2011
  8. Le darwinisme volé, Liège, Territoires de la Mémoire, 2010
  9. En collaboration avec Jérôme Jamin La Belgique de Jacques Yerna. Entretiens, collection La Noria, Bruxelles-Seraing, Labor-IHOES, 2003, 173 p. 
  10. La coopération à Verviers, une économie solidaire de la révolution industrielle à nos jours, Verviers, IDEES, 2000
  11. La régionale de Verviers : un syndicat pour le 21e siècle, Verviers, FGTB, 2000
 
Contributions publiées dans un livre:
  1.  Les coopératives de production au service des coopératives de consommation : le cas de la coopération socialiste en Belgique (1872-1983), Les Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique n°155, décembre 2022, pp.39-56,
  2. Les maisons du peuple, lieux de sociabilité pour les femmes au sein du mouvement coopératif socialiste in Matrimoine. Quand des femmes occupent l’espace public, Les cahiers du CPTM n°2, pp.143-154, 2021
  3. Le darwinisme social comme ciment idéologique de l’extrême droite in L’extrême droite en Europe, Bruxelles, Bruylant, 2016 pp.39-62
  4.  En collaboration avec J. Faniel, S. Govaert, C. Istasse, J-P Nassaux et P. Wynants, Les Partis sans représentation parlementaire fédérale, CH du CRISP n°2206-2207, 2014
  5. La gauche "extrême" en Belgique : du Parti libéral à la gauche anticapitaliste (avec Jean Faniel) in "Extrême" ? Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, pp.131-143
  6. La Gauche anticapitaliste en Belgique : entre fragmentation et tentatives d'unité. (avec Jean Faniel) in Les partis de la gauche anticapitaliste en Europe, Paris, Economica, 2012, pp.274-291
  7. Lois sur le maintien de l'ordre ou limitation du "droit de grève"? Un débat toujours actuel in Mémoire de la grande grève de l'hiver 1960-1961 en Belgique, Bruxelles, Le Cri, 2011, pp.242-257
  8.  Euromayday in Belgium : an imitation or a reinvention ? (avec Jean Faniel) in Mobilising against marginalization in Europe, Cambridge scholars publishing, 2010, pp.127-149
  9.  La Centrale générale, moteur du renouveau syndical qui constitue la conclusion (pp.301-311) du livre Solidarité en mouvement. Perspectives pour le syndicat de demain, Bruxelles, CG-Amsab-ASP, 2009.
  10.  Collaboration pour les chapitres 18 à 21 du livre écrit par Luc Peiren, La Centrale, c’est nous !. 100 ans de centrale générale de la FGTB. 200 ans d’histoire syndicale, (s.l), CG-Amsab, 2008, pp.151-173. Ce livre existe également en néerlandais : Wij zijn de AC.
  11.  La concrétisation d’une alternative économique : les coopératives in Dur(e) comme fer. 125e anniversaire des Métallurgistes FGTB de Verviers, Verviers, IDEES, 2008, pp.125-153. La partie plus contemporaine du texte est l’œuvre de Benoit Willems.
  12.  Réalisation de l’ensemble de l’iconographie et écriture de certains passages de Rouge Métal. 100 ans d’histoire des métallos liégeois de la FGTB, Seraing, IHOES, 2006.
  13.  En collaboration avec Jérôme Jamin, Les trois Jacques in Changer la société sans prendre le pouvoir. Syndicalisme d’action directe et renardisme en Belgique (sous la direction de Mateo Alaluf), Bruxelles, Labor, 2005, pp.149-156.
Principaux articles publiés (hors chronique tenue dans Aide Mémoire depuis 2001 et les 61 parus dans Espace de Libertés de 2001 à 2010)
  1.  La Commune et la question du travail: une première expérience d’auto-gouvernement in Les Mondes du Travail en ligne, mai 2021
  2.  Les trois fronts de l'antifascisme in Agir par la culture n°59 de l'automne 2019, pp.25-27
  3. Le darwinisme social, fondement de la doctrine d’extrême droite in Salut & Fraternité n°106 de juillet-août-septembre 2019, p.9 
  4. Relance d'un front antifasciste in Le journal de Résistance(s) n°1 mai-juin 2019, p.28 
  5. Coopératives et sécurité sociale. D'un embryon concret à une menace inconsciente in Cultivons le futur, hiver 2019, pp.13-16
  6. Coopération et syndicalisme. Complémentarité ou concurrence ? publié par D'autres repères, décembre 2018
  7. Red or Dead. Football et lutte des classes, (avec Olivier Starquit), Publication du CEPAG, novembre 2018
  8. La colère fait bouger les gens in Agir par la culture n°50, 2017 pp.14-16
  9. La technologie modifie-t-elle vraiment la communication des mouvements sociaux ? in  Les cahiers de l'éducation permanente, n°50, juin 2017, pp.12-20
  10. à bas les calotins ! (sur cette exorde criée à la fin de L'Internationale) in L'athée. Revue de l'Association Belge des Athées n°4, 2017, pp.105-118 
  11. L’ère du numérique sera-t-elle une ère pauvre en archive ? in Contemporanea
    Tome XXXVIII, Année 2016, Numéro 1 
  12. Qui a tué Julien Lahaut ? Des années 20 aux tueurs du Brabant : un fil continu ?  in Le Drapeau Rouge n°53 de novembre-décembre 2015,
  13.  La lutte : de l’insupportable à l’étincelle in Salut & Fraternité n°85 d’avril-mai-juin 2014, p.8
  14. Le retour de la gauche radicale (avec Jean Faniel) in Politique n°81 de septembre 2013 
  15. Belgique 1960-2010. Grève du siècle et crise multiforme (avec Jean Faniel) in Savoir/agir n°16, juin 2011, pp.103-107
  16. La Populaire, Maison du peuple de Liège in Le chainon manquant avril 2009 
  17. Quelle gauche ? quelle FGTB ? in D'autres repères, avril 2008
  18. Vers des Etats généraux de la gauche in Politique n°51 d’octobre 2007, pp.62-63.
  19.  On ne peut faire table rase de l’histoire ouvrière en Wallonie in Toudi n°63-64 de mai-juin 2004 (numéro spécial Wallonie, Etat des lieux) p.20.