samedi 25 janvier 2020

L’extrême droite ne recule jamais à utiliser la violence


 Cet article a été publié dans Aide Mémoire n°91 de janvier-mars 2020, p.11

Comme cette chronique le démontre l’extrême droite n’est pas un bloc monolithique mais est traversée de courants, de mouvances ayant des désaccords pouvant être importants dans un système de pensée et une vision du monde basée sur une inégalité naturalisée et immuable. Le parcours de l’auteur des Réprouvés est à cet égard illustratif.

Un parcours étonnant
Notre dernière chronique évoquait le trajet d’une figure clef de l’extrême droite française[1] qui plaçait son autobiographie dans la filiation d’un ouvrage similaire publié en Allemagne. Un ouvrage clef, publié en 1928, qu’il a traversé les époques et est toujours considéré comme une référence dans les milieux d’extrême droite, notamment par la place que lui accorde Alain De Benoist[2] dans son livre central Vu de droite[3]. Ernst Von Salomon est né le 25 septembre 1902 à Kiel. C’est donc à 16 ans qu’il s’engage à corps perdu au sein de différents groupes paramilitaires d’extrême droite dans la guerre civile qui touche l’Allemagne au moment de la défaite de la première guerre mondiale. Une période qu’il raconte dans son livre Les réprouvés que nous analysons ici. A sa sortie de prison, il continue le combat politique et sera à nouveau emprisonné brièvement en 1929. Contrairement à un grand nombre de ses compagnons de combat, Von Salomon ne s’engage pas activement dans le parti nazi car, « Plus qu’un nationalisme révolutionnaire, il professe un aristocratisme rigide »[4], et fait partie d’une mouvance oppositionnelle de droite à Hitler[5]. Ce positionnement lui vaut un bref emprisonnement mais ne l’empêche pas de travailler comme scénariste de film à la UFA[6]. En 1945 il est interné par les Américains et ne sera libéré qu’en septembre 1946. Il reprend alors ses activités et publie un autre livre important Le Questionnaire en 1951 (traduit en français en 1953) qui est une critique de la dénazification et peut être rapproché de livres sur le « résistantialisme »[7]. Von Salomon meurt le 9 août 1972 à Winsen, près de Hambourg.
Quatre années de luttes intenses
La période allant de son inscription dans les corps francs à sa libération de prison, en passant par la participation à l’assassinat de Walther Rathenau[8] le 24 juin 1922 est donc le sujet de son autobiographie. Celle-ci débute avec l’insurrection qui fait suite à l’armistice « Ainsi défilaient les lutteurs de la révolution. Était-ce donc de cette fourmilière noirâtre que devait jaillir la flamme brûlante et par elle que devait se réaliser le rêve de sang et de barricades ? Impossible de capituler devant ceux-là ! On ne pouvait avoir que mépris pour leurs prétentions sans fierté, sans certitude de victoire, sans force conquérante »[9]. Directement le jeune Von Salomon s’engage dans les forces contre-révolutionnaire : « à cette époque j’avais tout juste seize ans et j’étais élève officier à la 7e compagnie de la « Königlich Preussische Hauptkadettenanstalt ». Dans les premiers jours qui suivirent le début de la révolution je formai le projet de balayer les marins de leur quartier général »[10]. Il rejoint alors un groupe de corps francs : « Des proclamations étaient affichées dans les rues : on demandait des volontaires. On voulait organiser des formations pour la protection des frontières de l’Est. Le jour de l’entrée des troupes dans la ville, j’allais m’engager. Je fus accepté, je revêtis l’uniforme, j’étais soldat. »[11]. En avril 1919 il part donc pour la Baltique où il participe à de nombreuses batailles sanglantes dont la pitié est exclue, même les prisonniers étant exécutés. Il combat en Lettonie autour de Riga considérée comme une ville allemande. Malgré leur détermination, les différents groupes militaires allemands ne font pas le poids et se retrouvent isolés. A l’annonce du putsch mené le 13 mars 1920 pour mettre  Wolfgang Kapp, fondateur du parti allemand pour la patrie, au pouvoir, le groupe auquel appartient Von Salomon rentre en Allemagne. Mais ils sont arrêtés et battus par les forces de gauche qui via une grève générale, bloquent les putschistes qui échouent dès le 17 mars. Ce premier échec ne le détourne pas de ses convictions : « (…) je ne suis pas un tribun. Ah non ! Mais je crois que c’est à nous de faire la révolution. C’est-à-dire une révolution nationale. Et nous l’avons, je crois, déjà commencée. (…) je crois que tout ce que nous avons fait jusqu’à présent était déjà un commencement de révolution. Un embryon. Nous ne l’avons peut-être pas voulu consciemment, mais ça n’a pas d’importance. Le résultat a été révolutionnaire. Toutes les révolutions de l’histoire mondiale ont commencé par la révolte de l’esprit et se sont terminées sur les barricades. Nous avons justement fait le contraire (…) »[12]. Libéré, Von Salomon vit alors dans le dénuement dans la Ruhr et participe à divers groupes d’extrême droite qui foisonnent et n’arrivent pas à se structurer. Après avoir un temps participer à un groupe de « résistants » qui éliminent celles et ceux qui aident les occupants français, il part en Haute-Silésie pour se battre contre les Polonais où ils se retrouvent avec des compagnons déjà croisés à plusieurs reprises depuis 1918 : « En Haute-Silésie, où siégeait l’assemblée générale des activistes allemands, le contact s’était établi tout seul entre les hommes qui avaient agi autrefois séparément dans toutes les parties du Reich ; ce qui, à l’heure présente, leur permettait, grâce à un parfait emboîtement, de donner à leurs actions respectives plus d’élan et plus d’importance. Dans les mois qui suivirent, un filet résistant, invisible, élastique, se forma, dont chaque maille réagissait aussitôt que dans un endroit quelconque on faisait un signal. Cela se réglait sans qu’il existât une véritable organisation, sans plan et sans ordres, par le seul effet d’une solidarité spontanée et toute naturelle. »[13]. Sa rupture avec la logique parlementaire est alors totale. Retrouvant les membres d’une société secrète l’Organisation Consul, il participe donc à un assassinat destiné à faire basculer le pays. Réfugié en Bavière, il y est arrêté et commence alors une période de prison dont il décrit la dureté des conditions. Il n’y reste cependant que 5 ans et sort en 1927. Ne regrettant rien : « Nous souffrions du mal de l’Allemagne. La transformation qui s’opérait en elle nous la ressentions en nous comme une douleur physique, mais qui s’accompagnait d’une sorte de volupté profonde. Nous avions toujours été au plus fort de la mêlée, nous avions toujours été là où s’accomplissait la destruction, nous y avions participé. Et pris ainsi entre deux ordres, l’ancien que nous étions en train d’abolir et le nouveau que nous aidions à construire, sans trouver place nous-mêmes dans l’un des deux, nous avions perdu la paix, nous étions devenus des sans-patrie, porteurs maudits des forces créatrices, puissants par notre volonté de ne reculer devant aucune responsabilité et réprouvés pour cette volonté (…) nous étions une génération maudite et nous disions oui à notre destin »[14]

Un dégout du vieux monde accompagné d’un anticommunisme viscéral

Comme on le lit dans cet extrait le refus de la révolution rouge ne fait pas, loin de là, de Von Salomon un allié de la République de Weimar. Un des aspects est la dénonciation d’une bourgeoisie qui se planque et profite de l’action des autres : « Tous suants et essoufflés, par la marche, nous percevions le son des mélopées nègres qui s’échappait des bars et des boites où l’on s’amuse, nous croisions des profiteurs et des grues ivres et tapageurs, nous voyions les bourgeois que nous nous étions chargés de protéger assis dans des cabarets chics avec des filles qu’ils enlaçaient étroitement devant des tables couvertes de bouteilles et de verres étincelants ou bien exécutant sur le miroir d’un parquet des danses sensuelles et enivrantes. Et de loin arrivait encore le bruit assourdi de quelque fusil de nos camarades »[15]. Clairement Von Salomon a rompu avec les valeurs bourgeoises : « Aucune barrière ne pouvait subsister entre nous, car nous suivions tous la même loi, une loi unique. Et par là nous étions véritablement libres. C’était la raison pour laquelle rien de ce qui relevait des valeurs bourgeoises ne pouvait compter pour nous, et c’était aussi la raison pour laquelle il n’existait pour nous aucune question insoluble ni dans le passé, ni dans l’avenir. D’ailleurs aucun de nous n’avait l’idée de réfléchir aux solutions »[16]
Mais ce qui fonde vraiment son engagement, comme il le dit dès le départ est l’anticommunisme : « En tête d’un long cortège on portait un énorme drapeau et ce drapeau était rouge ; lamentable et mouillé il pendait au long d’une grande hampe et se balançait comme une tache de sang au-dessus de la foule rapidement attroupée. Derrière le drapeau se trainait une masse de gens las qui avançaient en désordre, les femmes en tête. Dans leurs amples jupes elles se pressaient en avant ; la peau grisâtre de leur figure retombait toute plissée sur leurs os pointus. La faim semblait les avoir creusées »[17] Une peur du rouge qui explique aussi les soutiens reçus par les groupes paramilitaires : « Mais nous qui luttions sous les anciennes couleurs, nous avons sauvé la patrie du chaos. Que Dieu nous pardonne, ce fut notre péché contre l’esprit. Nous avons cru sauver le citoyen et nous avons sauvé le bourgeois. Le chaos est plus favorable au devenir que l’ordre. (…) Ce qui rendait possible notre lutte en Courlande c’était la peur que l’ouest avait du bolchévisme. Nous ne faisions pas une seule attaque qui ne fût approuvée par ce cercle d’hommes que l’Allemagne reconnaissait pour son gouvernement. Et ce gouvernement ne donnait pas un seul ordre valable qui n’eût été vu et approuvé par les cabinets alliés. »[18]

Aucun doute sur l’appartenance au champ de l’extrême droite
Pour lutter contre les rouges, les différentes tendances de l’extrême droite se retrouvent : « Il y avait là dans ces provinces encore beaucoup d’autres compagnies. Il y avait là des formations bien ordonnées sous des chefs sûrs, recrutées et marchant selon un ordre imposé. Il y avait des bandes d’aventuriers que l’inquiétude fouettait et qui cherchaient la guerre et avec elle le butin et la vie sans contrainte. Il y avait des corps de patriotes qui ne pouvaient se résigner à la débâcle de la patrie et voulaient défendre les frontières contre la ruée du flot rouge écumant. Et il y avait aussi la Landeswehr balte composée des seigneurs du pays qui étaient décidés à sauver à tout prix leur tradition sept fois séculaire, leur culture vigoureuse et raffinée, ce bastion oriental de la suprématie germanique, et il y avait enfin ces bataillons allemands formés d’hommes rustiques qui voulaient coloniser (…) »[19] Avec une référence aux lansquenets, référence toujours utilisée aujourd’hui par Nation qui a fait de ce chant son hymne : « Ils étaient des lansquenets, mais quel était le pays dont ils étaient les serviteurs ? Ils avaient reconnu la grande duperie de cette paix et ils ne voulaient pas y participer.»[20]. On retrouve aussi ce mythe fondateur d’une armée allemande invaincue sur le front mais trahie par l’arrière : « Nos soldats rentraient, notre brillante armée était là, elle qui jusqu’au bout avait fait son devoir, qui avait gagné nos plus belles victoires, victoires dont l’éclat nous semblait presque insupportable maintenant que la guerre était perdue. L’armée n’était pas vaincue, le front avait tenu jusqu’à la fin. Il revenait et il renouerait tous les liens. »[21]
Et bien entendu, une vision du monde basée sur des forces naturelles éternelles : « Non la lutte n’était pas encore finie. Tous sentaient qu’elle ne pouvait pas être finie. Et si le monde des réprouvés avait disparu, la Tâche restait. (…) Et ce pouvoir que nous avions et que nous aurions toujours la tâche d’attaquer était illégitime, car il s’appuyait sur une hiérarchie des valeurs dictées par les besoins des hommes et non pas sur cette force éternelle et plus profonde qui aurait dû primer tous les besoins des hommes. Nous en avions toujours appelé à cette force et jamais à rien d’autre. Nous n’en avions jamais appelé aux partis et aux programmes, aux drapeaux et aux insignes, aux dogmes et aux théories. Et si notre attitude équivalait à notre condamnation par ce monde, c’était parce qu’elle avait pour but de faire triompher cette force sur l’ordre établi (…) »[22]


[1] Voir Un rebelle d’extrême droite in AM n°90 d’octobre-décembre 2019
[2] Voir Le Gramsci de l’extrême droite in AM n°78 d’octobre-décembre 2016
[3] De Benoist, Alain, L’Allemagne de Von Salomon in Vu de droite. Anthologie critique des idées contemporaines, Paris, Copernic, 1977, pp.539-548
[4] De Benoist, op.cit p.545
[5] Voir Un résistant d’extrême droite in AM n°67 de janvier-mars 2014
[6] Voir Un cinéaste sous le nazisme : Veit Harlan in AM n°19 d’octobre-décembre 2001
[7] Voir Le « résistantialisme », un équivalent au négationnisme in AM n°44 d’avril-juin 2008
[8] ministre des affaires étrangères d’origine juive de la république de Weimar
[9] Von Salomon, Ernst, Les réprouvés. Collection Feux croisés. Ames et terres étrangères, Paris, Plon, 1931, p.7
[10] Id. p.10
[11] Id, p.32
[12] P.168
[13] P.239
[14] Pp.311-312
[15] Pp.36-37
[16] P.223
[17] P.6
[18] P.100
[19] P.69
[20] P.60
[21] P.23
[22] P.422

samedi 2 novembre 2019

deux conférences en novembre

En ce mois de novembre, je donnerai deux conférences sur des thèmes différents.

1° Le mercredi 13 novembre à 20h je parlerai des coopératives au Comité d'action laïque de Huy
(Rue Nicolas Jadot n° 2 à Ben Ahin)
2° Le samedi 30 novembre je développerai la question de l'antifascisme à Liège, son histoire et son actualité, au Cercle Julien Lahaut (rue Saint Léonard, 312 à 4000 Liège)

lundi 28 octobre 2019

Les trois fronts de l'antifascisme

 Ce texte est paru dans la revue Agir par la culture, n°59, automne 2019, pp.25-27

En ces temps où la menace d’extrême-droite se renforce, quel antifascisme est-il souhaitable ? Que faire et quelles méthodes opposer ? On peut articuler les réponses à amener autour des trois côtés, interdépendants entre eux, du triangle rouge, l’un des symboles de lutte contre le fascisme. Symbole dont il faut aussi rappeler qu’il trouve son origine première dans les luttes du mouvement ouvrier en faveur de la réduction collective du temps de travail (la journée de 8 heures) : antifascisme et luttes sociales constituent en effet de longue date un binôme indissociable. Une alliance à renforcer ?

Pour être la plus efficace possible, la lutte antifasciste doit se développer simultanément sur les fronts de l’éducation (enfants et adultes), celui de l’amélioration des conditions socioéconomiques de toutes et tous, et celui de l’autodéfense face à la violence des groupes d’extrême-droite.

L’éducation et la formation

Face aux discours simplistes de rejet de l’autre ou de justification des inégalités raciales et sociales, l’éducation est un moyen incontournable pour lutter contre l’extrême droite. L’apprentissage du vivre ensemble et la formation à l’esprit critique sont des fondations qui doivent permettre de développer la suite. En cela, défendre un enseignement porteur de valeurs, formateur de citoyen·nes en capacité de dire non à l’injustice, et non uniquement à visée utilitariste pour l’économie, c’est déjà lutter contre une fascisation de la société. Le socle de la lutte contre l’extrême droite passe par la lutte contre ses idées et sa vision du monde. Le travail de mémoire autour de la Seconde Guerre mondiale et principalement du modèle concentrationnaire, incluant la spécificité de la Shoah mais ne s’y limitant pas, est un premier pas. Dans l’enseignement, les programmes des cours intègrent clairement ces éléments. Mais sa pertinence sur la lutte contre les partis actuels, organisations qui ont retravaillé leur discours, notamment sous l’influence venue de France de la Nouvelle Droite dès les années 70 ou de l’Alt Right américaine ces dernières années, se doit d’être questionnée plus de 70 ans après les faits, et ce, pour rester actuel et pertinent.
Au-delà du monde scolaire, l’enjeu réside aussi dans les formations pour adulte. Ainsi la question de la lutte contre l’extrême droite est dans tous les programmes de formation syndicale. Moins centrées sur la Seconde guerre, ces formations sont souvent liées à la lutte antiraciste et au démontage des préjugés afin de casser des images et de déconstruire des peurs fantasmées. C’est souvent également cet angle qui est utilisé dans les multiples conférences ou outils pédagogiques organisés et développés par nombre d’associations d’éducation permanente. Ici aussi la défense de ce secteur est un enjeu démocratique important. Il n’est d’ailleurs pas anodin de voir que la NV-A, dans sa fuite en avant vers l’électorat du Vlaams Belang, souhaite mettre au pas ce secteur avec une vision très contrôlée et instrumentalisée d’un secteur dont la raison d’être est au contraire de se positionner comme alternative culturelle.
Si l’éducation peut ouvrir les yeux de certain·es et que beaucoup sont « récupérables », il faut se résoudre au fait qu’il y aura toujours des personnes qui, ne fut-ce que parce qu’elles sont du bon côté de la domination, seront adeptes d’une société basée sur la loi du plus fort, naturalisant les différences sociales et les résumant à une pseudo capacité au mérite en excluant totalement les facteurs socioéconomiques. C’est d’ailleurs à ce niveau-ci que se joue la principale porosité entre la droite et l’extrême droite, tout comme le fait que l’extrême droite soit comme un poisson dans l’eau au sein du système capitaliste.

Les conditions socioéconomiques

Si l’éducation est un socle nécessaire, il est clair qu’il est insuffisant et que, même en le renforçant, il ne suffira pas à éradiquer l’extrême droite qui se nourrit du désarroi économique. Jouer la division entre les gens en désignant l’étranger (le Juif de l’Est hier, le musulman aujourd’hui… voire le Belge dans le nord de la France au tournant du 19e-20e siècle), en accentuant des différences, a toujours été la technique pour dévier la colère de la question de la répartition des richesses. Aujourd’hui comme hier, la lutte antifasciste doit donc être intimement liée à la lutte antiraciste sans en faire une exclusive et en tenant compte de la réalité vécue par les gens. Et d’une lutte antiraciste non pas morale mais centrée sur les facteurs de domination.
C’est donc par la résolution des désarrois socioéconomique que l’on peut couper l’herbe sous le pied d’un élargissement de l’audience des thèses d’extrême droite. Un constat et une affirmation qui n’est pas neuve mais qui a peut-être été oubliée, notamment dans un contexte de TINA économique et d’une « crise économique » mettant en tension l’emploi et les salaires. Il apparait cependant après presque 40 ans de ce discours qu’il est plus qu’urgent d’en sortir pour repartir à l’offensive. Cette lutte antifasciste passant par la lutte socioéconomique a émergé significativement lors d’une session de formations organisées par l’ETUI (le Centre de formation de la Confédération Européenne des Syndicats) en 2019. Y furent abordées les actions concrètes contre l’extrême droite menées par les différentes organisations syndicales. Toutes ont des modules de formation plus ou moins développés et des brochures d’informations à la diffusion variable. Toutes prennent des mesures, plus ou moins radicales, envers les membres tenant des propos racistes, sexistes, homophobes… ou pire appartenant à des partis d’extrême droite. Mais la lutte contre l’extrême droite à partir des thèmes syndicaux et des réalités socioéconomiques du monde du travail constituent la piste principale indispensable.1 Dans ce cadre, se battre partout pour une hausse des salaires minimums est clairement vu comme particulièrement pertinent et efficace. Tout comme la lutte pour la réduction collective du temps de travail et contre les boulots de merde.
Lutter contre la précarisation et l’exclusion socioéconomique, c’est donc clairement lutter contre l’extrême droite. En cela, et au risque de menacer de réduire l’audience de l’antifascisme, il faut être clair sur le fait que celui-ci est forcément anticapitaliste.
La pratique de l’autodéfense
Décoder et expliquer le discours par l’éducation et lutter activement pour améliorer les conditions socioéconomiques, c’est avancer dialectiquement sur une émancipation intellectuelle et une émancipation matérielle qui se renforce mutuellement. Reste une troisième dimension : l’extrême droite est violente. Envers les immigrés, envers les syndicalistes, envers les femmes… Au-delà d’un discours moral de dénonciation, une action active contre l’extrême droite doit prendre en compte cette dimension. Cela nécessite donc, sans paranoïa, d’organiser l’autodéfense des réunions et des manifestations antifascistes. Cette autodéfense passe aussi par le fait de faire changer la peur de camp et d’occuper l’espace public. Et donc d’empêcher l’extrême droite de s’y exprimer en toute impunité. Arrachage et surcollage des autocollants et des affiches participent également à une autodéfense active. Idem de la contremanifestation en cas de meeting, de conférence… Partout où l’extrême droite grandit et franchit un seuil de présence, la peur s’installe pour la partie de la population qui ne correspond pas à sa vision de la société. Une société d’extrême droite est une société basée sur le rejet et la violence. Il faut le prendre en compte, tout comme mesurer les conséquences éventuellement contreproductives d’une escalade de la violence.
Au-delà du triangle, une lutte multiforme et complexe
L’action antifasciste est donc plus efficace lorsque ces trois dimensions se rencontrent ou sont menées de concert, chacun de ces pôles étant aussi indispensable et utile que les autres. L’occasion peut-être d’évaluer certaines méthodes utilisées massivement les dernières années et de (ré)investir certaines autres trop délaissées en écartant tout jugement de valeur. Mais aussi d’entretenir un débat sur la pertinence des différents modes d’action utilisés qui peuvent d’ailleurs varier selon les moments et les endroits. D’autres limites sont également à interroger. Comme l’homogénéité des mouvements antifascistes dont la composition socioéconomique est très majoritairement petite bourgeoise, blanche et masculine. L’absence des classes populaires, des personnes racisées et des femmes pose ainsi la question de l’intersectionnalité dans la lutte antifasciste. Ou encore des attitudes qui peuvent effrayer des personnes moins politisées ou aguerries (se masquer, utiliser des fumigènes…).
Les trois côtés du triangle rouge proposés ici ne sauraient donc épuiser l’arsenal et la réflexion contre l’extrême-droite, courant de pensée portant une vision du monde multiforme et complexe et exigeant du même coup des réponses multiples et plurielles. Arriver à articuler une lutte antifasciste se voulant massive et large tout en conservant des positions fermes et sans ambiguïtés est un défi. Et une équation complexe à assumer et à porter haut pour ne pas tomber dans le piège de la binarité dans la lutte — qui serait une mauvaise réponse au simplisme de la vision binaire de la société portée par l’extrême droite. Car l’antifascisme ne peut être vivant et représenter une alternative que s’il est pluriel, riche de la diversité de ses membres, de ses méthodes, de ses débats et des alternatives qu’il porte.
  1. Voir les interventions de Richard Detje « Les syndicats et l’extrême droite en Europe », Joachim Becker « La montée de l’extrême droite en Europe » et Philippe Poirier « L’extrême droite européenne : objectifs, coalitions, ressources & moyens »

vendredi 18 octobre 2019

Histoire de l'antifascisme à Liège


Ma brochure de 52 pages retraçant un siècle d'histoire de l'antifascisme à Liège est publiée.
Elle est accessible auprès de l'IHOES.
J'en ai retracé les grandes lignes sur La Première le jeudi 17 octobre 2019 lors de l'émission "un jour dans l'histoire" dont j'étais l'invité. Voir l'émission
Et je suis bien entendu disposé à donner une conférence ou animer un débat autour de cette histoire.

vendredi 11 octobre 2019

Un rebelle d’extrême droite


 Cet article est paru dans le n°90 d'Aide-Mémoire d'octobre-décembre 2019, p.11

Alors que la saga autour de la mort de Vincent Lambert a remis au-devant de l’actualité la mouvance de la « Manif pour tous », il nous a paru intéressant de revenir sur le parcours d’un personnage clef de l’extrême droite française qui s’est donné la mort au cœur de notre dame de Paris le 21 mai 2013, justement dans le contexte de la mobilisation contre le mariage pour toutes et tous. Si son geste se voulait politique pour secouer les consciences, il s’inscrit dans un cadre plus large que rappelle la préface du livre que nous analysons ici : « Et surtout les dernières pages du Cœur rebelle où, évoquant le suicide de Montherlant et celui de Françoise de Grossouvre, Dominique Venner confie qu’il n’est pas donné à tous de finir en beauté, et qu’il n’y a, parfois, que la mort pour donner un sens à une vie. Cette mort volontaire et sacrificielle, illustrée par les Romains et les samouraïs, qu’il a élue un jour de mai 2013, pour parachever sa vie en destin »[1]

Un parcours au cœur de l’extrême droite
Fils d’un militant du Parti Populaire Français de Doriot[2], Dominique Venner est né le 16 avril 1935. Très jeune, il quitte le milieu familial pour s’engager dans l’armée et participera activement à la guerre d’Algérie, ce tournant pour l’extrême droite française[3]. Faisant référence également à Von Salomon, Venner explique : « C’est dans cette douleur (Dien bien Phu) que tout a commencé. Les premiers corps francs d’une nouvelle droite activiste, anciens soldats et jeunes étudiants, commencèrent à se rassembler. Ils se fortifieront de la colère nationaliste et de la faiblesse parlementaire »[4]. Combattant de première ligne en Algérie, il rejoint l’OAS et va jusqu’à préméditer une attaque de l’Elysée. Ce qui lui vaut une arrestation et une peine de prison. Un passage décisif souligné par la préface : « Devenus rebelles et proscrits, par allégeance à une fidélité plus haute que la loyauté envers un pouvoir qui reniait ses promesses, Dominique Venner et ses compagnons de la clandestinité connurent le sort de ces « réprouvés » si magistralement évoqués par Ernst Von Salomon. La prison fut leurs universités et c’est à l’ombre des barreaux qu’ils se forgèrent une doctrine nationaliste, que Dominique Venner devait incarner, plus tard, dans la création d’Europe Action puis de l’Institut d’études occidentales »[5]. Il est intéressant de souligner la référence au classique de Von Salomon, récit autobiographique d’un nationaliste allemand engagé dans les corps francs et des actions clandestines qui le mèneront en prison sous la république de Weimar. Un livre référence pour l’extrême droite dès les années 30 sur lequel nous reviendrons dans une prochaine chronique. Venner entre à cette période en contact avec Jeune Nation, le groupe de François Sidos[6] : « Un seul groupe contrastait. Il portait un nom qui sonnait comme un défi à la décadence « Jeune Nation ». (….) Je fus séduit par les positions tranchantes et la condamnation en bloc de tout le personnel politique (…) les effectifs étaient squelettiques (…) On parlait beaucoup de doctrine. Mais celle-ci était brève. Un nationalisme sommaire qui devait plus à Barrès qu’à Maurras. L’espoir d’un renversement du régime sur le mode espagnol de 1936, en imaginant jouer le rôle de la Phalange de José Antonio, ce qui prouvait une grande faculté d’illusion. L’anticommunisme dicté par l’époque était équilibré par la méfiance pour le système américain. »[7]. Admirateur de Sparte, de chants allemands et sudistes, faisant référence à Drieu, Evola[8], La Varende, Brasillach… Venner profite de son emprisonnement pour lire non seulement la littérature d’extrême droite mais également des auteurs de l’extrême gauche sur la question de la révolution. A sa sortie de prison il crée Europe Action « qui fut à la fois une revue et un mouvement. Il me semblait nécessaire d’ouvrir une réflexion en grand, mais que cette réflexion ne soit pas détachée de l’action. »[9]. Une rencontre est alors décisive : celle avec Thierry Maulnier[10] avec qui il enchaine les projets politiques et intellectuels (dont l’Institut d’Études occidentales). Après avoir participé à la création du GRECE[11] il se consacre à partir de 1971 à la production intellectuelle d’ouvrages historiques et se retire à la campagne. En 1991, il fonde Enquête sur l’Histoire puis en 2002 La Nouvelle Revue d’Histoire et revient quelque peu dans un activisme politique plus important notamment à travers des émissions sur Radio Courtoisie.
Le tournant de l’Algérie 
« L’action ne se limitait plus à la France. Dans toute l’Europe levait l’espérance. D’Italie, de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, du Portugal venaient en délégation des garçons fascinés par ce qui bouillonnait ici. Quand je fus emprisonné pour la seconde fois, en 1959, je reçus de toute l’Europe une avalanche de messages orchestrés depuis la Belgique par Jean Thiriart, personnage singulier et quelque peu mythomane, dont l’imagination fertile savait se transformer en décisions. Une Europe de la jeunesse commençait à s’éveiller. L’Algérie était la torche avec quoi il semblait possible d’embraser notre vieux continent »[12]. La guerre d’Algérie est un moment clef qui permet à l’extrême droite de sortir de l’ombre tout en brisant certaine ligne d’ostracisme. De ce conflit violent Venner parle surtout de l’héroïsme des combattants français mal équipés et mal préparés face à des algériens qui veulent plus la victoire alors que l’armée française sera lâchée. C’est ainsi qu’il découvre à l’occasion d’une permission à Paris que « l’ennemi n’était pas seulement dans les djebels. Qu’il en était en France de pires et d’une espèce cachée » [13]. Et de décrire les atrocités commises par les combattants indépendantistes (il parle notamment de 3000 assassinats lors des « pogromes » d’avril 1962[14]) tout en relativisant celles des troupes d’occupations françaises : « Une blessure au ventre est, pour le blessé, une torture horrible. Mais ce type de torture n’intéresse personne. Les interrogatoires musclés, ordonnés implicitement par le pouvoir socialiste de l’époque, se voulaient une réponse au terrorisme qui frappait la population. Procédé qui ne relève pas lui non plus, de la morale courante. Qu’il y eut des « bavures » et des innocents « torturés », c’est évident, comme il y eut des innocents tués par le terrorisme, ni plus ni moins ». [15] Pour lui, à l’image de la Rhodésie[16], les colons auraient dû déclarer leur indépendance pour pouvoir lutter plus efficacement contre le FLN. S’il rejoint l’OAS, son bilan en est particulièrement critique : « À côté de quelques jolis coups d’audace et de téméraire dévouements, l’histoire de l’OAS en Algérie est celle d’un échec. Comme au temps de la Résistance, les querelles de personnes, l’amateurisme et les défaillances humaines furent les meilleurs alliés de la répression (… L’OAS) resta un mouvement invertébré de révolte et de résistance, sans devenir jamais une organisation révolutionnaire vouée à la prise du pouvoir »[17]. Un mouvement dont il tient à souligner les origines et la composition dépassant les clivages traditionnels même si très vite il se réduira de plus en plus à la mouvance nationaliste. Il retiendra surtout une figure qu’il compare aux héros grecs Achille et Hector : « Parmi tous les condamnés, la figure de Jean Bastien-Thiry se détache avec une hauteur particulière. Contrairement à ce qu’annonçait son grade, cet officier n’était pas un homme de guerre, mais un ingénier, un intellectuel en quelque sorte, qui n’avait jamais manié une arme (…) Il fut l’homme d’une seule idée, d’un seul projet poursuivi envers et contre tous. Le seul projet cohérent conçu dans le cadre de l’OAS. Après son arrestation, c’est en pleine connaissance de cause, assurément, qu’il rédigea dans la solitude de sa cellule la longue et rigoureuse déclaration lue à son procès. Niant méthodiquement la légitimité du chef de l’Etat, assumant l’entière responsabilité de son acte et se refusant aux regrets, il se condamnait à mort, mais il se donnait un destin. »[18]
Pour Venner et son courant politique la guerre d’Algérie représente bien plus qu’un simple conflit : « (…) Au regard de l’histoire, quand le moment sera venu, elle apparaîtra surtout comme un combat perdu par l’Europe face à l’Afrique pour la défense de sa frontière du Sud. La guerre d’Algérie s’inscrit dans la longue histoire du flux et du reflux européens de part et d’autre de la Méditérranée depuis plus de deux mille ans, depuis Rome et Carthage. Les historiens de l’avenir noteront que l’invasion de la France et de l’Europe par les foules africaines et musulmanes du XXe siècle, commença en 1962 avec la capitulation française en Algérie »[19]
Une multitude de références
Nous l’avons déjà mis en évidence, lire l’essai autobiographique de Venner, c’est aussi naviguer au milieu d’un océan de références à l’idéologie d’extrême droite allant des années 30 à la période contemporaine. Dès l’introduction le propos est limpide : « Car déjà se faisaient jour le ressentiment, la haine de soi, le rejet du passé, le nihilisme mou, la religion de l’humanitaire, qui devaient marquer d’une durable empreinte les décennies suivantes et entériner une sortie programmée de l’Histoire »[20]. Et comme Venner le dit lui-même : « Nous étions les héritiers du combat précédent auquel il fallait donner un sens dans un paysage nouveau qui lui déniait toute signification. Nous avons entrepris une réflexion sur le contenu neuf à donner à ce que nous appelions le « nationalisme », mot dont nous avions fait notre drapeau, bien qu’il ne recouvrit que très imparfaitement ce que nous étions. »[21] Précisant : « Mes choix profonds n’étaient pas d’ordre intellectuel mais esthétique. L’important pour moi n’était pas la forme de l’Etat – une apparence – mais le type d’homme dominant dans la société. Je préférais une république où l’on cultivait le souvenir de Sparte à une monarchie vautrée dans le culte de l’argent. »[22].
Cette vision du monde, il la partage et la théorise avec d’autres déjà rencontrés dans cette chronique : « Les membres de la Fédération des étudiants nationalistes et les très jeunes fondateurs du mouvement Occident furent les premiers à s’enthousiasmer pour les voies nouvelles qui étaient ouvertes. Certains d’entre eux ont poursuivi ensuite très loin ces réflexions suivant des voies qui leur étaient propres. Parmi eux, un garçon très impatient qui montrait déjà les dons éblouissants qui s’épanouiront plus tard sous la signature d’Alain de Benoist. Cette génération de très jeunes intellectuels formés à l’action autant qu’aux idées était d’une richesse assez rare comme le prouveront leurs itinéraires multiples et imprévisibles »[23]. Comme on a déjà pu le lire avec les références à Sparte et à l’Antiquité, Venner n’appartient pas au courant de la droite ultra-catholique[24] mais plus à la branche païenne[25] de l’extrême droite : « Tout Européen soucieux de son identité en vient nécessairement à reconnaitre que les sources en sont antérieures au christianisme et que celui-ci a souvent agir comme facteur de corruption des traditions grecques, romaines, celtes ou germaniques qui sont constitutives de l’Europe conçue comme unité de culture. Il n’était pas question de nier l’imprégnation chrétienne de l’Europe, mais d’en soumettre le bilan à la critique »[26].
L’Algérie comme axe, y compris dans la redéfinition du racisme car pour Venner : « la décolonisation, phénomène essentiellement raciste (chasser le Blanc) avait reçu en France l’appui majoritaire d’une bourgeoisie bien-pensante acquise aux utopies cosmopolites »[27] a des conséquences lourdes : « Le spectre de l’Algérie hante toujours la France. Deux ou trois millions d’immigrés algériens, personne ne sait au juste, vivent ici, auxquels s’ajoutent un ou deux millions de « beurs » de nationalité française, mais de sentiments et de comportements incertains »[28]. Et de terminer sur cette redéfinition du racisme opéré par l’extrême droite qui garde néanmoins cette idée de hiérarchie et de non mixité possible : « Il a fallu du temps pour en arriver à cette idée nouvelle qu’en affirmant l’identité de « mon peule » je défends celle de tous les peuples, qu’en assurant le droit égal de chaque culture, j’assure le même droit pour les miens. Respecter la culture enracinée de tous les peuples ne signifie pas qu’on accorde une égale considération à n’importe quoi. Parler d’égalité des cultures n’a pas de sens ».[29]


[1] Venner, Dominique, Le cœur rebelle. Nouvelle édition revue et augmentée. Préface de Bruno de Cessole. Postface inédite de l’auteur. Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 2014, p.15.
[2] Voir L’anticommunisme d’un transfuge in AM n°59 de janvier-mars 2012
[3] Sur celle-ci voir aussi La pensée « contrerévolutionnaire » in AM n°36 d’avril-juin 2006
[4] P.65. Dien Bien Phu est le nom de la bataille décisive qui scelle la défaite de la France dans la guerre d’Indochine. L’utilisation du terme « corps francs », renvoie à l’ouvrage d’Ernst Von Salomon, Les réprouvés (auquel fait également référence la préface, voir citation suivante) qui est le récit autobiographique d’un opposant par les armes à la république de Weimar que nous analyserons dans une prochaine chronique.
[5] Pp.12-13
[6] Son frère Pierre (qui présidera le mouvement fasciste L’Œuvre Française de 1968 à 2012) et lui avaient été condamnés à 10 ans de prisons en 46 pour appartenance active à la Milice du régime de Vichy. Leur père, qui en était un des principaux responsables, étant lui condamné à mort et fusillé. Sur Vichy, voir L’histoire est incomplète sans le témoignage des perdants in AM n°73 de juillet-septembre 2015 et Faire don de sa personne in AM n°86 d’octobre-décembre 2018
[7] P.91. Sur Maurras voir De l’inégalité à la monarchie in AM n°33 de juillet-septembre 2005. Sur l’Espagne voir L’idéologie derrière la carte postale in AM n°62 d’octobre-décembre 2012 et Le journalisme d’investigation n’est pas neutre in AM n°74 d’octobre-décembre 2015. Sur la Phalange en particulier voir La troisième voie phalangiste in AM n°83 de janvier-mars 2018
[8] Voir Le Fascisme est de droite in AM n°47 de janvier-mars 2009 et La révolution conservatrice in AM n°48 d’avril-juin 2009
[9] P.151
[10] Voir Antimarxiste et antidémocratique, bref d’extrême droite in AM n°82 d’octobre-décembre 2017
[11] Voir L’inégalité comme étoile polaire de l’extrême droite in AM n°66 d’octobre-décembre 2013  
[12] Pp.114-115
[13] P.50. On retrouve ici l’argument utilisé également par les Nazis concernant la guerre 14-18 et le fait que ce n’est pas sur le front militaire que la guerre a été perdue mais à cause de la subversion à l’arrière.
[14] P.78
[15] P.55
[16] Au moment de la décolonisation les colons blancs de la Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) déclareront unanimement en 1965 leur indépendance envers l’Angleterre afin de, comme en Afrique du Sud limitrophe, tenté de garder le pouvoir dans un régime d’apartheid qui tiendra jusqu’aux années 80.
[17] P.70
[18] Pp.136-137 Sur Bastien-Thiry voir Quand la résistance et le droit d’insurrection sont-ils justifiés ? in AM n°55 de janvier-mars 2011
[19] P.21
[20] P.10
[21] P.153
[22] P.97
[23] P.156. Voir Le Gramsci de l’extrême droite in AM n°78 d’octobre-décembre 2016
[24] Voir La Loi du décalogue in AM n°64 d’avril-juin 2013
[25] Voir La tendance païenne de l’extrême droite in AM n°38 d’octobre-décembre 2006
[26] P.155
[27] P.27
[28] P.25. Notons ici combien ce discours naturalisant une intégration impossible est revenu au-devant de la scène médiatique lors de la victoire de l’Algérie à la coupe d’Afrique de football.
[29] P.190